Les imaginaires

1. Les imaginaires

1.1 – Définitions d’un imaginaire

Dans son acceptation commune, l’imaginaire est une sorte de réserve collectivement partagée de récits et d’images, propre à chaque civilisation.

Bien qu’il n’existe pas de définition scientifique unifiée des imaginaires, les auteurs comme Wunenburger, Musso ou Durand viennent compléter cette definition. En synthèse, nous proposons donc la définition suivante :

Définition : Un imaginaire est un système dynamique fait d’images, de représentations sociales et de grands récits, et doté de sa logique propre. Toujours ambivalent, il est à voir comme complément du réel, et non en opposition, car il permet de faire le lien entre concept et percept, et d’enrichir la réflexion et la perception.

Certes, l’imaginaire est un stock d’images et de récits, mais ces éléments se recomposent selon des processus dynamiques, qui obéissent à une logique. Cette logique n’est peut-être pas cartésienne, rationnelle, au sens où nous entendons la logique généralement. Ce n’est pas pour autant qu’il faille voir l’imaginaire comme opposition au réel, comme ça a longtemps été le cas dans nos sociétés (au 17e siècle, Malebranche parlait des facultés imaginaires comme de la “folle du logis”) : il enrichit notre rapport au réel, qu’il soit le réel perçu, celui des sensations, ou le réel conceptualisé.

1.2 – Différence imaginaire – imagination

Dans le langage courant, on confond souvent imaginaire et imagination. La différence entre les deux se fait en terme d’échelle.

Définition : l’imagination est un processus de création de l’esprit, une action individuelle qui mobilise ou agrémente l’imaginaire, qui est lui collectivement partagé.

L’imagination est une faculté de l’esprit humain, et l’imaginaire est le terreau collectif de l’imagination.

1.3 – Différence entre imaginaire et représentation

L’imaginaire a une dimension collective et civilisationnelle forte.

Définition : La représentation, sociale ou individuelle, est la cristallisation à un instant T de certaines composantes de l’imaginaire.

Ces représentations peuvent cependant alimenter l’imaginaire par le processus de recomposition a-logique que nous avons évoqué plus haut.

L’imaginaire de la société occidentale n’a pas évolué beaucoup entre l’antiquité, le moyen-âge et aujourd’hui. Pourtant les représentations d’un même fait social entre ces trois époques ont évolué, et ce, différemment selon les pays par exemple. La représentation est donc une cristallisation à une certaine époque et dans un certain groupe, de données de l’imaginaire, selon un contexte bien particulier.

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